- A ton premier emploi à Paris!
- Toulouse, Zidler ne sera jamais d'accord, intervint Satie. Sans vouloir te vexer, dit-il en se tournant vers moi, tu as déjà écrit ce genre de choses?
- Non! Répondit-je.
Mais l'Argentin s'interposa:
- Aaaa, ce garçon a du talent, dit-il en mettant malencontreusement sur moi sa main là où il ne fallait pas. Je l'aime!
Lorsqu'il se rendit compte de la position de sa main, il la retira rapidement en se rattrapant :
- Aucune équivoque, j'aime le talent!
- « The hills are a live with the sound of music », c'est certain Satie, avec Christian nous allons pouvoir écrire le spectacle bohême révolutionnaire dont nous avons toujours rêvé!
- Mais comment convaincre Zidler? Demanda Satie.
Mais Toulouse avait un plan.
- Satine! Répondit Toulouse.
- Satine? Demanda l'homme à lunettes.
Ils me feraient revêtir le frac de l'Argentin, et me présenteraient comme un célèbre écrivain anglais. Eblouie par la modernité de ma poésie, Satine insisterait auprès de Zidler pour que ce soit moi qui écrive « Spectaculaire, Spectaculaire ». Le seul problème, c'est que j'entendait toujours la voix de mon père « tu finiras par gâcher ta vie, au Moulin Rouge, avec une danseuse de cancan! »
- Non!! Je ne veux pas écrire pour le Moulin Rouge!! M'écriai-je en commançant à decendre dans ma chambre par le trou qu'avait l'Argentin en tombant.
- Et pourquoi donc? Demanda Toulouse.
- J-j-je ne suis pas sûr d'être suffisamment bohême et révolutionnaire! Répondis-je.
- Tu crois à la beauté?
- Oui.
- A la liberté?
- Oui, bien sûr.
- A la vérité?
- Oui.
- A l'amour?
- L'amour? L'amour. Il n'y a pas plus important que l'amour. L'amour, c'est l'oxygène. L'amour est enfant de bohême. L'amour nous élève. All you need is love!! * On n'a besoin que d'amour!!
Tous se mirent à rire d'admiration. Toulouse répliqua :
- Nous ne sommes pas dûpes! Tu es la voix des enfants de la Révolution!
Tout le monde répéta « nous ne sommes pas dûpes! ».
- Levons nos verres à la santé du nouvel auteur du premier spectacle bohême révolutionnaire!! continua Toulouse.
Emporté par la joie, l'Argentin m'embrassa carrément sur la bouche.




